Résumé
Le groupe socioprofessionnel des agriculteurs a connu depuis la Seconde Guerre mondiale un changement socio-économique important. Le point de départ de cette thèse – à l’articulation des démarches hypothético-déductive et empirico-inductive – est de se demander s’il ne reste pas des traces, plus ou moins nettes, de la culture paysanne dans la configuration des valeurs du monde agricole contemporain. Peut-on parler de la fin de la culture paysanne comme certains chercheurs parlent de la fin de la classe ouvrière ? L’enquête de terrain se fonde sur l’approche qualitative de données recueillies par entretiens semi-directifs et libres ainsi que par des observations directes et participantes et des films sociologiques. Leur analyse a reposé sur l’élaboration, au préalable, d’un référent culturel commun construit à partir d’un syncrétisme des valeurs anciennes et nouvelles, permettant de construire le référent culturel « agripaysan » et confirmant ainsi l’hypothèse d’un syncrétisme des valeurs. A l’intérieur du référent culturel commun au corpus étudié, les valeurs ont été caractérisées en trois groupes : les « valeurs identitaires et distinctives », les « valeurs nécessaires » et les « valeurs extraprofessionnelles ». L’analyse des données a également mis en évidence une appropriation différenciée du référent culturel « agripaysan » qui est explicitée à l’aide d’une typologie en trois idéaux-types : paysan-agriculteur, chef d’entreprise-paysan et agri-manager. Plus largement, cette thèse interroge la culture en tant que mode de vie d’un groupe et s’inscrit, à la fois, dans la sociologie des modes de vie et dans la sociologie du travail, sans oublier la sociologie rurale.