Résumé
Notre thèse précise la nature de la relation entre la consommation énergétique et la croissance économique, cette dernière étant analysée à l’échelle des pays de l’Afrique Sub-Saharienne. Premièrement, nous réalisons une revue quantitative synthétisée de la relation entre la consommation d’énergie et la croissance économique pour les pays de l’Afrique Sub-Saharienne. La méta-analyse référence ainsi 50 travaux scientifiques publiés entre les années 1996 (date de la première publication) et 2016.Partant du résultat qu’aucun lien clair n’a été établi au niveau des variables influençant la relation énergie-croissance, la thèse s’oriente vers les fortes disparités régionales à l’œuvre en termes d’offre et demande par une analyse des mutations observées au niveau de ces deux variables des années 1950 à de nos jours. Précisément, nous analysons les dynamiques relatives à la demande, faisant de celle-ci une cause de l’offre et non l’inverse. Ces dynamiques permettent d’envisager de nouveaux design en termes de politiques énergétiques tout en dépassant les limites inhérentes au modèle passé à savoir une offre tournée, d’une part, vers le maintien et l’amélioration des réseaux on-grid sans réponse aux besoins des populations rurales et, d’autre part, vers les mini grids en faveur des populations rurales coûteux et procurant de faibles services énergétiques. Les technologies de production décentralisées restent toutefois coûteuses pour les populations, la soutenabilité économique restant aux solutions centralisées (on-grid).De ce fait, notre recherche doctorale s’interroge sur des tarifications spécifiques pouvant être mises en vigueur dont le but serait l’augmentation des revenus des ruraux, notamment issus des activités productives, ce qui garantiraient en retour le déploiement de l’électrification. Cette contribution se veut être un parallèle entre les instruments tarifaires développés par les compagnies d’électricité en ASS les dynamiques du non-accès à l’électricité, analysé au regard des ménages urbains et ruraux connectés au réseau on-grid. Nous montrons que le non-accès à l’électricité reste entretenu par la régressivité de la tarification on-grid mise en place et qu’elle profite davantage à certaines activités productives. Nous mettons en exergue les les limites inhérentes à l’accès, d’où ressortent que les conditions économiques des populations et en particulier leur niveau de pauvreté, bien plus que leur localisation.