Résumé
Cette thèse s’attache à étudier la représentation du paysage dans le cinéma chinois, en interrogeant tout d’abord son rôle au fil de l’évolution du cinéma national, ainsi que la diversité de ses formes selon les genres et les époques. Le paysage y apparaît comme un élément structurant de la mise en scène, un vecteur de sens et un reflet des mutations sociales profondes qui traversent la Chine contemporaine, tout en portant une valeur esthétique, culturelle et mémorielle. En outre, ce travail s’inscrit dans une dynamique d’échange entre deux régions du monde – la Chine et l’Europe – et entre deux aires culturelles distinctes, en croisant des approches théoriques et des sensibilités issues de traditions culturelles différentes.Cette recherche s’appuie sur un corpus de films chinois soigneusement sélectionnés afin d’analyser les différentes formes que prend le paysage à l’écran, tant dans sa dimension naturelle que culturelle. Elle débute par une étude de l’origine du paysage comme fondement théorique, puis s’attache à analyser la manière dont le paysage, en tant que concept esthétique et narratif, s’est constitué dans la tradition chinoise ainsi que dans le cinéma. La recherche explore ensuite les représentations liées aux transformations du territoire, notamment les effets de l’urbanisation, la place des groupes sociaux marginalisés et l’utilisation de paysages emblématiques dans la construction d’une image culturelle au niveau international. Enfin, elle pose la question de la disparition progressive des paysages dans un contexte de mondialisation, à travers une approche croisant cinéma, mémoire et espace. En somme, elle s’inscrit à l’intersection de plusieurs disciplines : études cinématographiques, esthétique, sociologie de l’espace et études sur la mémoire culturelle. Elle entend ainsi contribuer à une meilleure compréhension du paysage comme outil d’analyse du cinéma chinois, tout en offrant un éclairage sur les problématiques sociales et culturelles qu’il reflète.