Résumé
La maritimisation est le processus d’accroissement, de diversification et d’intensification des activités humaines en mer. Ce processus peut être le fruit d’une volonté politique de « croissance bleue » ou « d’économie bleue », même si ces termes restent flous. Cette thèse expose une méthode normative pour mesurer la maritimisation des États via un indice composite de maritimisation (ICM) composé d’un faisceau d’indicateurs couvrant un large spectre thématique (défense, transport, télécommunications, extraction des ressources vivantes et non-vivantes, conservation et tourisme). L’indice est renseigné pour trois groupes de pays et territoires sur la période 1992-2015 : 1) les îles de l’océan Indien (Comores, Madagascar, Maurice, Mayotte, La Réunion et les Seychelles), 2) des pays d’Afrique de l’Est (Afrique du Sud, Kenya, Mozambique et Tanzanie et 3) une sélection de pays de référence considérés comme des grandes puissances maritimes (Chine, États-Unis, France, Japon et Royaume-Uni). Les résultats montrent que la maritimisation a été plus rapide dans le sud-ouest de l’océan Indien que dans le reste du monde au cours de la période étudiée avec des différences notables entre les pays. Des profils instantanés de maritimisation sont identifiées et, pour les expliquer, une typologie de stratégies étatiques de maritimisation est proposée. Dans le cas des territoires de la France et du Royaume-Unis dans l’océan Indien, la synchronie des déploiements d’aires protégées, de moyens militaires et d’exploration des ressources révèle une planification spatiale maritime nationale à portée géostratégique. L’indice composite de maritimisation a un potentiel intéressant pour observer et comprendre la maritimisation et ses enjeux à différentes échelles et emprises de temps et d’espace.