Résumé
Lors des infections bactériennes, selon les tissus infectés, et selon la nature des pathogènes, l’organisme répond en mobilisant différents acteurs. Nous avons décidé d’utiliser le modèle du zebrafish ou Danio rério pour étudier la réponse immunitaire innée dans les situations d’infection bactérienne où les phagocytes professionnels ne peuvent pas venir au contact direct des bactéries. Pour cela, j’ai développé un modèle d’infection de la notochorde del’embryon de zebrafish. Lors de l’injection des bactéries dans ce compartiment, les bactéries se retrouvent protégées par une épaisse gaine de collagènes que les phagocytes ne peuvent pas pénétrer. Alors que les mycobactéries,protégées par la gaine de collagène ne sont pas détectées par les phagocytes, les bactéries E. coli sont immédiatement détectées ce qui déclenche une importante inflammation locale autour de la notochorde. Alors que les bactéries E. coli, bien qu’inaccessibles à la phagocytose sont éliminées dans les première 24 heures qui suivent l’injection, l’inflammation dure plusieurs jours.J’ai étudié les mécanismes qui conduisent à cette inflammation persistante et ses conséquences à long terme sur le développement du poisson. J’ai montré le rôle central de la cytokine IL1b dans ce processus, et j’ai développé une lignée transgénique qui permet d’étudier l’induction de cette cytokine in vivo chez le poisson.J’ai ensuite étudié le rôle des deux principales populations de phagocytes dans l’élimination des bactéries E coli. J’ai montré que les macrophages ne sont pas impliqués dans la disparition des bactéries alors que les neutrophiles, bien qu’incapable de pénétrer à l’intérieur de la gaine de collagène sont nécessaires à l’élimination des bactéries.J’ai ensuite montré que la myelopéroxidase et le monoxyde d’azote ne sont pas impliqués dans l’élimination des bactéries alors que les espèces réactives de l’oxygène produites par les neutrophiles sont nécessaires pour éradiquer l’infection.