Résumé
La complexité inhérente des sociétés de fourmis, organisées en castes, n’a de cesse de remettre en question notre perception du vivant. Le genre de fourmis moissonneuses Messor en est un très bon exemple puisqu’il cristallise la relativité de la notion d’espèce. Cette problématique s’articule autour de leur complexité taxonomique, qui reste en grande partie nébuleuse, mais aussi du fait de l’existence de systèmes de reproduction particuliers impliquant de l’hybridisme, et que l’on regroupe sous le terme d’hybridogénèse sociale. A travers l’étude d’un cas singulier, ces travaux de thèse offrent de nouvelles perspectives quant à l’évolution de ces stratégies de reproduction. Puisque le genre en dénombre déjà plusieurs cas, une grande partie de sa diversité a été explorée génétiquement pour la première fois. Ces nouvelles données ont permis de redéfinir la systématique et d’investiguer la biogéographie historique. En complément, une synthèse des connaissances sur l’ensemble des taxa du genre constitue une étape préliminaire à la révision complète des Messor et de leur diversité. A mesure que notre compréhension de ces fourmis et de leurs stratégies reproductrices se précise, il est vraisemblable que l’hybridisme ait eu un impact majeur sur leur histoire et dynamiques évolutives.