Résumé
Cette thèse de recherche-création explore les relations entre peinture et voix à travers le concept de « peinture furtive ». Elle envisage la peinture non comme un médium fixe ou exclusivement visuel, mais comme un processus de traduction entre différents régimes du sensible, en particulier entre image et son.À partir d’un corpus d’œuvres combinant peinture, voix enregistrée, radio et écriture, cette recherche développe l’hypothèse selon laquelle la création artistique n’exprime pas un contenu préalable, mais engage un processus de traduction en acte, impliquant des opérations de déplacement, de superposition et de transformation.La notion de « peinture furtive » désigne une pratique processuelle et non représentative, qui échappe aux régimes de visibilité frontale. Elle se manifeste comme une forme d’oralité picturale, fondée sur l’écoute, la résonance et la co-présence. Dans cette perspective, la peinture devient un espace d’apparition transitoire, façonné par des phénomènes de mémoire, d’effacement et de survivance.Inscrite dans le champ de la recherche-création, cette thèse mobilise un cadre théorique interdisciplinaire (esthétique, philosophie, anthropologie), en dialogue notamment avec les travaux de Karen Barad, Jean-Luc Nancy, Adriana Cavarero, Juliane Rebentisc et Antoine Berman.Enfin, elle propose de penser la furtivité comme une esthétique et une stratégie critique face aux régimes contemporains de sur-visibilité.