Résumé
La croissance démographique a été l’un des phénomènes les plus marquants de ces dernières années dans le monde et surtout en Afrique. La population urbaine mondiale pourrait atteindre 68% d’ici 2050. Cet accroissement s’accompagne d’une augmentation de la pauvreté et d’un déficit alimentaire dans les villes. Pour y remédier de nombreux citadins s’adonnent à l’agriculture urbaine. Toutefois à cause du manque de terres cultivables, les habitants se tournent vers les espaces libres comme les bas-fonds. Ces derniers étant des lieux propices au développement des moustiques, particulièrement les anophèles impliqués dans la transmission du paludisme, une augmentation du risque pour cette maladie pourrait en résulter. L’objectif principal de notre travail était d’évaluer l’impact des mises en valeurs agricoles des bas-fonds sur la transmission du paludisme dans deux zones de bas-fonds à Bouaké (Côte d’Ivoire). Plus précisément, nous avons caractérisé les mises en valeur agricoles dans deux bas-fonds types, de même que la faune anophélienne et sa dynamique. Nous avons déterminé les gènes de résistance chez les anophèles. Ensuite nous avons recherché les différentes espèces plasmodiales qui assurent la transmission du paludisme aux populations vivant autour des bas-fonds. Enfin, le niveau d’exposition des populations vivant autour des bas-fonds aux piqûres des anophèles et leur immunité contre le paludisme a été évalué. Nos résultats montrent une dynamique de mise en valeur agricole similaire dans les deux bas-fonds, une présence de larves d’anophèles liée à la riziculture à N’Gattakro. Anopheles coluzzii demeure l’espèce majoritaire en zone de bas-fonds. L’agressivité était plus forte à N’Gattakro qu’à Odiennekourani mais on note globalement une faible infectivité des anophèles. En termes épidémiologiques, la prévalence parasitaire était plus élevée à Odiennekourani qu’à N’Gattakro et on a pu observer une forte réponse immune dirigée contre les antigènes AMA1 et MSP1, faible contre CSP.