Résumé
Le diagnostic du VIH représente la porte d’entrée aux antirétroviraux salvateurs chez les enfants exposés au VIH (HEC), que ce soit à visée thérapeutique pour les enfants infectés ou prophylactique pour ceux non-infectés mais exposés. Mais les données 2022 de l’ONUSIDA rapportent que seulement 59% de ces enfants âgés de 0-14 ans connaissaient leur statut VIH au niveau mondial, dont 35% en Afrique de l’ouest et du centre. Cette faible couverture des HEC par le diagnostic VIH explique au moins en partie l’accès limité au traitement précoce et la mortalité importante chez les enfants vivant avec le VIH. Une évaluation de la couverture de ce diagnostic au cours de la vie des enfants exposés, des difficultés de son implémentation à différents âges est nécessaire afin de proposer et d’évaluer des stratégies permettant de réduire le nombre d’enfants non diagnostiqués. Ce travail de thèse s’est attaché à tenter d’apporter des réponses à ces questions. Notre travail d’évaluation des programmes nationaux de prévention de la transmission mère-enfant du VIH montrent une faible couverture du diagnostic précoce des enfants exposés dans le cadre au Burkina Faso (3/192 ; 1,6%) et en Zambie (145/1465 ; (9,9%) à la 2ième visite du programme élargi de vaccination. En outre la couverture du test VIH final (post-allaitement) des HEC reste aussi sous-optimale (80%) en Afrique subsaharienne en dépit de la faible technicité qu’il requiert. Nous avons également montré que des interventions simples comme le dépistage par cas-index ciblant les enfants exposés lors de la visite de leurs mères dans les files actives sont très acceptables (taux d’adoption de 98,7%) et ont un rendement important (2,5%) au Burkina Faso. Nos travaux indiquent qu’il est urgent de renforcer le diagnostic de l’infection par le VIH chez les HEC en Afrique Subsaharienne. Cela devrait passer par une adoption des stratégies existantes simples et efficaces et par un changement de politique du dépistage VIH de l’enfant.