Résumé
Ce travail présente l'étude de deux modes de stimulation optique de neurones de ganglions dorsaux rachidiens in vitro : la stimulation laser infrarouge et la photobiomodulation. L'utilisation de lumière pour contrôler l'activité des neurones a des avantages évidents : non invasif, bonne précision temporelle et spatiale. Nous montrons qu'un pulse laser à 1875 nm de quelques millisecondes induit une dépolarisation membranaire qui a été observée par la technique du patch clamp. Cette stimulation a permis le déclenchement de potentiels d'action sur une minorité de neurones. Le blocage des canaux thermosensibles par le rouge de ruthénium inhibe l'activation des potentiels d'action mais n'a pas d'effets sur l'amplitude des dépolarisations membranaires. Des mesures localisées de la température au voisinage des neurones montrent une augmentation de l'amplitude des dépolarisations pour les plus faibles gradients de température, ce qui est compatible avec un mécanisme capacitif ne nécessitant pas la présence de canaux ioniques thermosensibles. Nous démontrons également qu'une illumination LED à 645 nm de quelques minutes accélère significativement la pousse des neurones de souris adultes lésées préalablement in-vivo et non lésées. Nous détaillons l'importance de la caractérisation des paramètres physiques de l'illumination, en montrant que le profil non uniforme du faisceau LED induit une densité de puissance optique réellement reçue par les neurones plus élevé que l'irradiance moyenne qui est le paramètre le plus souvent présenté. Ce manque de précision de ces paramètres est une des causes des divergences observées dans les résultats de la littérature en photobiomodulation.