Résumé
Si l’avenir de notre planète dépend en effet, comme le confirme Roberts et al. (2009), de la maitrise d’une “jeune discipline”, la restauration écologique, il est de notre devoir d’investir pour assurer un maintien et amélioration des services des écosystèmes, des connectivités écologiques et des cycles biologiques qui dépendent du fonctionnement des écosystèmes dégradés. Si la connaissance des écosystèmes méditerranéens, la maitrise des techniques d’ingénierie écologique témoignent d’importantes avancées au courant des dernières décennies, le transfert sur le terrain et la mise en œuvre de ces techniques reste assez lacunaire notamment dans les milieux où de fortes interactions avec les communautés humaines nécessitent une appropriation et adoption des méthodes d’intervention. Le contexte du bassin méditerranéen, hot spot de biodiversité, contexte socio-politique tendu et souvent instable, développement démographique intense, urbanisation souvent peu planifiée et de surcroît une histoire de coévolution des hommes et des paysages qui date depuis le néolithique, rend ce transfert encore plus complexe. Comment abaisser les résistances et mieux faire accepter les solutions techniques proposées ? Comment faire de sorte que les gens acceptent mieux une modification portant sur leur environnement de vie? Est- il possible d’initier un changement d’attitude et une modification comportementale portant sur les solutions proposées ? En d’autres termes, sommes-nous en mesure de mieux faire accepter les techniques et les méthodes d’intervention sur un environnement/ écosystème lorsque celles-ci heurtent les a priori des communautés humaines concernées? En partant de ces grandes questions, le travail de thèse s’inscrit dans une problématique bien particulière : Comment modifier les attitudes des individus vis-à-vis les modifications de leur environnement proche? L’hypothèse de départ étant qu’en agissant sur les processus sous jacents au changement d’attitude, on devrait améliorer la possibilité d’accepter le principe et les techniques d’intervention relatifs à une action sur l’environnement. Si on souhaite initier un changement d’attitude, il faut modifier les relations d’action à l’objet dont le frein principal est la consistance des individus. Il faut donc modifier à la fois la flexiblité cognitive, l’expérience émotionnelle et l’affordance. Les hypothèses opérationnelles se déclinent donc comme suit : H1 : Flexibilité cognitive et changement d’attitude: En améliorant la flexibilité cognitive Il est possible d’augmenter l’acceptabilité vis-à-vis le principe et les techniques d’intervention relatifs à une action sur l’environnement H2 : Expérience émotionnelle et changement d’attitude: l’expérience émotionnelle d’une personne et sa perception de l’espace peuvent induire un changement d’attitude vis-à-vis le principe et les techniques d’intervention relatifs à une action sur l’environnement H3 : Affordances et changement d’attitude : Un changement d’affordance peut contribuer à initier un changement d’attitude chez une personne vis-à-vis le principe et les techniques d’intervention relatifs à une action sur l’environnement. Ces hypothèses seront testées sur l’exemple de réhabilitation des carrières d’extraction au Liban- contexte méditerranéen.