Résumé
Les systèmes agricoles en Afrique subsaharienne font face à des défis liés à l’insécurité alimentaire, la faible productivité, de chaînes de valeur fragmentées et de contraintes structurelles. L’action collective apparaît comme une stratégie clé pour surmonter ces défis en renforçant la coordination entre petits producteurs. Cette thèse explore les stratégies d’action collective pour améliorer les chaînes de valeur alimentaires et leurs impacts économiques et sociaux sur les petits producteurs. Le chapitre 2 de la thèse examine les liens entre les services des organisations collectives et les formes de mise à niveau dans les chaînes de valeur. Le chapitre 3 explore les facteurs influençant la mise à niveau des chaînes de valeur par les organisations rurales. Le chapitre 4 analyse la relation entre confiance, proximité et coordination des marchés. Le chapitre 5 évalue l’impact des organisations formelles et informelles d’action collective sur les rendements, profits nets et inclusion des petits producteurs. Cette thèse mobilise plusieurs cadres théoriques. La première partie combine les cadres des chaînes de valeur mondiales (GVC) et des systèmes socio-écologiques (SES). La seconde partie utilise le cadre institutionnel et développemental (IAD). La troisième mobilise la théorie du capital social et la dernière s’appuie sur la théorie des coûts de transaction. Le chapitre 2 utilise les directives PRISMA pour une revue systématique de littérature. Le chapitre 3 applique le coefficient de Spearman pour analyser les facteurs d’amélioration. Le chapitre 4 utilise les mesures de centralité et la méthode QAP pour étudier les réseaux d’accès aux ressources, de confiance et de proximité. Le chapitre 5 recourt à l’IPWRA et au PSM pour corriger les biais de sélection dans l’analyse des impacts des actions collectives.La recherche identifie trois types d’actions collectives : horizontales (au sein d’un même segment de chaîne), verticales (intégration stratégique des ressources entre segments) et transversales (engagement de multiples parties prenantes).Ensuite, elle montre que les facteurs déterminants de la capacité des actions collectives à améliorer la chaîne de valeur incluent un leadership fort, des frontières administratives claires, un soutien technologique et en formation externe, une cohésion organisationnelle et une évaluation stratégique de la performance. Cependant, leur efficacité varie selon les types d’organisations (coopératives, associations d’usagers de l’eau, groupes de femmes) et les contextes locaux (Côte d’Ivoire, Ghana).L’analyse démontre qu’au Ghana, les associations d’usagers de l’eau présentent des structures de réseaux variées, allant de modèles monocentriques à pleinement décentralisés, influencées principalement par les capacités de leadership. À l’inverse, les coopératives et associations ivoiriennes reposent sur des réseaux d’échange de ressources profondément ancrés dans la proximité relationnelle et des mécanismes de confiance, avec des stratégies de marché qui varient entre réseaux décentralisés travaillant avec des grossistes et réseaux centralisés collaborant directement avec les consommateurs. Enfin, la thèse démontre que contrairement aux hypothèses traditionnelles favorisant les structures organisationnelles formelles, les groupes d’entraide informels en Côte d’Ivoire démontrent souvent de meilleures performances dans l’amélioration de la productivité et des résultats économiques des petits producteurs. Ces groupes informels s’avèrent plus efficaces pour réduire les coûts de main-d’œuvre, faciliter l’accès au crédit et convertir les ressources financières en investissements agricoles. Les recommandations incluent le renforcement des capacités, la simplification des enregistrements administratifs, le soutien spécialisé et des cadres politiques adaptés aux divers contextes organisationnels des petits exploitants.