Résumé
Dans un contexte de crise socio-écologique remettant en question la capacité du système agricole industriel à garantir la sécurité alimentaire et une alimentation de qualité, l’agroécologie émerge comme une alternative de plus en plus crédible. Un des majeurs fondements réside dans la réintroduction de biodiversité cultivée dans les systèmes agro-alimentaires. Cette thèse s’intéresse à trois espèces de blés marginales, appelées « blés vêtus » : l’engrain, l’amidonnier et le grand épeautre. Elle vise à évaluer leur viabilité agronomique, ainsi que leur qualité nutritionnelle, en particulier la composition en protéines du gluten. Située en région lyonnaise, cette recherche adopte une approche participative. Elle répond ainsi à deux autres principes de l’agroécologie : la relocalisation des systèmes alimentaires et le décloisonnement de la recherche en dehors de la sphère académique. Au cours de la thèse, nous avons évalué 23 variétés de blés vêtus en comparaison à huit variétés de blé tendre, en collaboration avec un centre de ressources botaniques, une association paysanne et six paysan.ne.s. Il en résulte que l’engrain se distingue des trois autres espèces sur le plan agronomique et sur la composition du gluten. Cette espèce est notamment caractérisée par un potentiel de tallage et une teneur en protéines élevées, et par de faibles proportions de gluténines. L’étude révèle également une forte variabilité intra-spécifique, en particulier pour les variétés d’amidonnier, soulignant l’intérêt de ces espèces comme sources de diversité. Enfin, l’évaluation réalisée au cours de la thèse a permis d’identifier des variétés présentant des caractéristiques notables, tant au niveau agronomique que concernant la composition des protéines du gluten. Au-delà des résultats d’évaluation des variétés, cette thèse propose une analyse réflexive du processus de recherche participatif. Elle identifie les forces et les limites de l’approche menée, et suggère des pistes d’amélioration. En conclusion, cette thèse pose les bases pour la poursuite du projet d’évaluation des blés vêtus, tant du point de vue de la méthodologie d’évaluation que de l’approche participative.