Résumé
Les troubles des conduites alimentaires (TCA) et les troubles des conduites suicidaires (TCS) sont des pathologies mentales graves. Ces deux troubles représentent un problème de santé publique majeur. En effet, il s’agit de pathologies pour lesquelles les pronostics sont médiocres, ayant un impact lourd sur la vie des patients et de leur entourage et représentant un coût élevé pour la société. Il n’existe actuellement aucun biomarqueur validé dans l’une ou l’autre de ces pathologies. L’objectif de ce travail est de réussir à identifier de potentiels biomarqueurs dans ces deux troubles. L’identification de biomarqueurs potentiels pourrait être utile dans divers domaines : faciliter le diagnostic des patients, améliorer la prise en charge des patients et enfin servir de cibles thérapeutiques dans le but d’élaborer de nouveaux traitements plus efficaces. Nous présenterons dans ce travail l’intérêt et l’utilisation des biomarqueurs en psychiatrie puis deux axes d’exploration des TCA ainsi qu’un axe d’exploration des TCS: l’approche neuropsychologique ainsi que l’approche biologique pour les TCA et l’approche génétique pour les TCS. Concernant les TCA, nos résultats suggèrent un intérêt potentiel des oestro-progestatifs dans l’amélioration des fonctions cognitives des patientes. Au sujet des TCS, il semblerait que deux des polymorphismes génétiques que nous avons étudiés (l’un du gène MOR et l’autre du gène SKA2) soient associés avec le risque d’émergence d’idées suicidaires au cours de l’initiation d’un traitement antidépresseur. Si ces études étaient répliquées, ces divers éléments pourraient s’avérer être des outils diagnostics et thérapeutiques.