Abstract
Face aux pressions anthropiques croissantes auxquelles sont soumises les forêts tropicales, le Cameroun a réalisé une zonation de son territoire en différents types d’affectation de terres. Il s’agit de superficies affectées à des usages et fonctions spécifiques, tenant compte de différents critères : étendue, richesse et composition biologiques (flore et faune), impacts humains passés et actuels, objectifs de production, etc. L’objectif principal de cette zonation vise à concilier des besoins socio-économiques humains et la conservation de la biodiversité. Pour ce faire, il est important de connaitre la dynamique de ces nouveaux milieux aux fonctionnements complexes, afin d’adapter les politiques de gestion. En effet, en plus des activités anthropiques, les phénomènes naturels créent au sein des forêts des perturbations de tailles variables, modifiant leurs paramètres abiotiques et biotiques. Malgré leur importance pour la résilience et la restauration de ces écosystèmes, les informations sur les mécanismes de régénération naturelle et ses principaux déterminants restent fragmentaires.Selon un gradient d’anthropisation supposé croissant, allant des aires protégées aux forêts communautaires, cette thèse ambitionne de contribuer à la connaissance des mécanismes qui interviennent dans la régénération naturelle des forêts tropicales humides camerounaises. Elle s’appuie pour cela sur les principaux types d’affectation de terres du sud-est du Cameroun. Sur la base d’un dispositif de 33 parcelles d'un hectare chacune réparties sur une superficie d’environ 4000 km², elle décrit la banque de graines du sol et la végétation du sous-bois d’une aire protégée (Réserve de faune du Dja), d’une concession forestière présentant trois périodicités d’exploitation du bois d’oeuvre, et de trois forêts communautaires.