Résumé
Depuis leurs indépendances, l’Algérie, le Maroc et la Tunisie ont suivi diverses politiques agricoles mais n’ont pas réussi à garantir la sécurité alimentaire. En Algérie, une politique agricole à travers le plan national de développement agricole(PNDA) fut mise en oeuvre a partir de l’année 2000 afin d’essayer d’inverser la tendance. Plusieurs investissements ont été alors réalisés par les agriculteurs et les différents agents économiques algériens dans les différentes filières agricoles stratégiques. Afin de connaître les résultats, nous avons réalisé trois enquêtes sur le terrain avec les agriculteurs afin de pouvoir analyser l’impact des investissements agricoles dans le cadre du PNDA sur l’évolution des techniques agricoles dans les productions laitières au niveau des communes rattachées à la subdivision agricole de Freha, céréalières au niveau des communes rattachées à la subdivision agricole de Draa EL Mizan et oléicoles au niveau des communes rattachées à la subdivision agricole d’Irdjen. Les résultats de la première enquête ont mis en évidence que les bénéficiaires du PNDA ont vu le rendement laitier moyen/vache/jour augmenter de manière significative de 12,75 litres durant la période 19996-1999 à 17,33 litres durant la période 2000-2006. Cela semble être en majeure partie attribuable au choix des races étrangères à haut rendement au détriment des races locales, à l’amélioration génétique des races laitières par l’insémination artificielle qui a évolué significativement, à l’augmentation significative de l’age moyen des génisses à la première saillie qui est passé de 16 à 18 mois et à l’age moyen des génisses au premier vêlage qui est passé de 25 à 27 mois. Les résultats de la deuxième enquête ont montrés que les investissements réalisés dans le cadre du PNDA n’ont pas permis une augmentation significative du rendement en blé dur. En effet, le rendement des cultures de blé dur était de 15 qx/ha durant la période 1996-1999 et de 15,73 qx/ha durant la période 2000-2006. Cela est du aux carences dans l’application des techniques de productions. En effet le choix des semences, la mécanisation, la fertilisation et l’irrigation n’ont pas évolués positivement après le PNDA. Les résultats de la troisième enquête ont montrés également que les investissements réalisés dans le cadre du PNDA n’ont pas permis une augmentation significative du rendement en olives. En effet, le rendement des cultures de l'olivier était de 25,33 kg/arbre durant la période 1996-1999 et de 24,33 kg/arbre durant la période 2000-2006. Cela est du aussi aux carences dans l’application des techniques de productions. En effet le choix des variétés cultivées, la mécanisation, la pratique des différentes tailles, la fertilisation, l’irrigation l’utilisation de pesticides contre les maladies et ravageurs de l’olivier n’ont pas augmentés significativement après le PNDA.