Résumé
S'alimenter et apprendre sont deux activités interdépendantes. En effet, le fonctionnement cognitif et émotionnel en jeu dans tout apprentissage requiert de l'énergie et donc un apport nutritionnel suffisant. C'est sans doute une des raisons qui ont conduit certains systèmes scolaires à mettre en place des programmes d'alimentation afin de garantir cet apport nutritionnel aux enfants ; et au-delà, à inciter leurs parents à les scolariser1. En France, l'instauration du « verre de lait » à l'École par Pierre Mendes-France au milieu du XXème siècle, qui se poursuit aujourd'hui par le programme « Lait et fruits à l'école », illustre bien ce phénomène. Ce programme, aujourd'hui financé par l'Union européenne, incite les écoliers à modifier leurs habitudes alimentaires (offrant par là même, un soutient non négligeable aux filières laitières et des fruits et légumes frais) pour les orienter vers une alimentation considérée comme saine, propice à une meilleure santé et permettant donc d'optimiser les apprentissages.
Si l'alimentation est un préalable « fonctionnel » à l'éducation, l'éducation en retour devrait permettre au sujet qui s'alimente -le « mangeur » -de faire des choix éclairés, libres et responsables en matière d'alimentation. C'est l'objet de l'éducation à l'alimentation.