Résumé
L’émergence des maladies n’est pas un phénomène nouveau. La plupart du temps elle s'ajoute à d'autres formes de crise : financière, politique, écologique. Les épidémies récurrentes, tels que celles provoquées par la maladie à virus Ebola (MVE), ont amplifié l’urgence pour prévenir, répondre et contrôler l'émergence de virus et de maladies. Lorsqu'une nouvelle épidémie de virus Ebola est déclarée, toute une machinerie institutionnelle et sanitaire se met en place pour contrôler la transmission du virus et de la maladie. Cependant, cet événement est contenu dans un quotidien - au sein d'un passé, d'un présent et d'un futur - dont il ne peut pas se détacher. Il y a une tension entre le quotidien de la population et le quotidien des personnes impliquées dans la riposte tous deux inclus dans le temps exceptionnel d’une épidémie de MVE.Face à ces crises sanitaires, on observe des réponses dominantes guidés par la préparation. Mais la préparation se fait à différents niveaux : l'officiel et celle de la population qui vit dans des zones où les épidémies sont récurrentes. Ces populations ont appris des épidémies précédentes à reconnaître les signes de la maladie, à s'isoler et à arrêter la transmission de la maladie. Si nous examinons de près les actions qui ont permis d’arrêter la transmission du virus et de contrôler l'épidémie, nous ne pouvons guère ignorer les connaissances mises en œuvre par la population. Ainsi, nous suggérons que la préparation est façonnée par des actions qui anticipent l'incertitude des crises futures, tout en incorporant simultanément d'autres préparations qui se produisent hors du radar de la technocratie de la santé mondiale.