Résumé
Bien qu’elles jouent un rôle primordial dans le fonctionnement de la biosphère, les chauves-souris sont fréquemment impliquées dans des épidémies meurtrières à travers le monde. Une centaine de virus, la plupart zoonotiques, ont été détectés chez ces animaux, un nombre bien plus élevé que chez toutes les autres espèces animales. Cette propension à héberger une si grande diversité de virus proviendrait d’un arsenal "bioécologique" unique. Par ailleurs, 75% de ces virus appartiennent aux quatre familles virales contenant les virus les plus dangereux connus à ce jour, parmi lesquels le virus de la rage (Rhabdoviridae), les coronavirus SARS-CoV-1, MERS-CoV et SARS-CoV-2 (Coronaviridae), les virus Hendra et Nipah (Paramyxoviridae), et les virus Ebola et Marburg (Filoviridae). La contamination de l’Homme met en jeu des espèces animales intermédiaires et serait favorisée par la fragmentation de l’habitat des chauves-souris engendrée par des activités humaines croissantes et incontrôlées. La prévention des épidémies doit alors s’appuyer sur une approche d’écologie de la santé qui propose une action globale, concertée et multidisciplinaire intégrant santé humaine, animale et des écosystèmes.