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Variations climatiques et dynamiques de la viticulture au I er millénaire av. J.-C. (Péninsule Ibérique, France): vers une confrontation des reconstructions paléoclimatiques et des données carpologiques
Acte de colloque

Variations climatiques et dynamiques de la viticulture au I er millénaire av. J.-C. (Péninsule Ibérique, France): vers une confrontation des reconstructions paléoclimatiques et des données carpologiques

Nicolas Bernigaud, Nuria Rovira Buendia, Guillem Pérez Jordá, Natàlia Alonso Martínez, Alberte Bondeau, Joel Guiot et Laurent Bouby
49e Colloque International de l’AFEAF : Les économies vivrières dans l’Europe du Fer (Lleida, Spain, 15/05/2025–17/05/2025)

Résumé

Dans le contexte actuel du réchauffement climatique, de nombreuses études de prospective prédisent que la viticulture gagnera dans les prochaine décennies le nord de l’Europe au détriment de la Méditerranée. Qu’en a-t-il été par le passé ? De récentes études paléoclimatiques ont mis en évidence l’importance des variations qui se sont produites en Europe occidentale durant le Ier millénaire BCE. Après une période froide centrée sur le premier âge du Fer, un important réchauffement climatique (l’Optimum Climatique Romain) s’est amorcé à partir du milieu du IIIe siècle BCE, pour atteindre son paroxysme dans les premiers siècles de notre ère. Ces importantes fluctuations ont-elles eu un impact sur les la géographie et le rendement de la viticulture en Méditerranée et en Europe occidentale ?Dans la péninsule ibérique, la viticulture s'est développée dès le début du millénaire (10e-9e siècles BCE) dans le sud, pour s’étendre à partir du 8e siècle BCE le long de la côte méditerranéenne, jusqu'à atteindre le nord de l'Èbre au 7e-6e siècles BCE. Dans le sud de la Gaule, les données indiquent une introduction plus tardive, vraisemblablement par les colons grecs de Marseille vers 600 BCE, puis une diffusion sur la bande littorale. Au cours du premier âge du Fer, la viticulture aurait donc connu un développement plus précoce et plus important dans la péninsule ibérique que dans le sud de la Gaule, où l’on consommait du vin marseillais, mais aussi des importations de vin ibérique et étrusque. Dans l'état actuel des connaissances, la viticulture semble être restée confinée à la zone côtière et aux basses vallées fluviales (Èbre, Guadiana, Guadalquivir et Rhône) avant d’amorcer une expansion plus importante à l’intérieur des terres au début de notre ère, après la conquête romaine.Si ces différentes dynamiques régionales d’expansion de la viticulture au cours de l’âge du Fer ont été guidés par des phénomènes historiques, socio-économiques et culturels (qui restent à mieux cerner), nous nous interrogerons sur le rôle potentiel des variations climatiques dans ces dynamiques. Le climat relativement froid du premier âge du Fer aurait-il pu constituer un frein à l’expansion de la viticulture ? L’Optimum Climatique Romain a-t-il pu favoriser (ou non) à partir de la fin du millénaire la diffusion continentale de la viticulture ? Pour répondre à ces problématiques nous présenterons dans cette communication différents modèles paléoclimatiques s’appuyant sur des études multi-proxies. Ces modèles seront confrontés à des échelles géographiques d’analyse nationales et plus régionales à des jeux de données carpologiques pour déterminer quelle a pu être la sensibilité de la viticulture protohistorique aux pulsations chaudes et froides du Ier millénaire BCE.

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