Résumé
L'effet de l'apport au sol de biochars riches en silice (sichars), a été évalué sur trois pathosystèmes : puceron jaune Sipha flava sur sorgho ; chenille légionnaire d'automne (CLA) Spodoptera frugiperda sur maïs ; noctuelle Helicoverpa armigera sur soja. Ont été comparés à un témoin sans apport : B+) un sichar de balle de riz de Camargue ; B-) sa fraction sans silice ; Si) la silice pure extraite de cette balle de riz ; BA) un sichar de balle de riz de Madagascar. Ont été mesurés : i) la biomasse aérienne des plantes ; ii) la croissance/développement des ravageurs et les dégâts foliaires ; iii) les paramètres électrochimiques (pH, potentiel redox, conductivité électrique) sur feuilles par spectrométrie proche infra-rouge (SPIR) ; iv) les teneurs en silice et azote des plantes. BA et B+ ont favorisé le développement des trois plantes. B- et Si ont négativement affecté le développement respectivement du seul maïs et du seul soja. Le PJC n'a été affecté par aucun traitement. Si et B+ ont défavorisé les deux noctuelles. B- et BA ont défavorisé la CLA, mais favorisé H. armigera. Sur maïs, tous les apports ont oxydé les plantes, davantage les sichars que B- et Si. BA a significativement augmenté la teneur en silice du sorgho, alors qu'aucun effet des traitements n'a été observé sur soja. Les potentiels des sichars en tant qu'innovations pour le biocontrôle, et des mesures électrochimiques par SPIR comme indicateurs de stress/homéostasie des plantes face aux ravageurs, sont discutés.