Résumé
En archéologie, la mobilité est souvent étudiée à partir de voies spécifiques structurant implicitement notre compréhension du système de peuplement. À l’inverse, l’approche spatiale des systèmes de peuplement régionaux, fondée sur les lieux, tend à structurer notre vision des flux de circulation. Or, lorsqu’il s’agit de comprendre comment un paysage s’est développé ou transformé, cette dichotomie rend notre raisonnement circulaire. Le carrefour se développe-t-il à partir de la distribution de l’habitat ou l’habitat choisit-il le carrefour comme opportunité de développement ? En privilégiant une approche de la mobilité basée sur l’analyse des pratiques de déplacement des agents humains ou non humains, deux projets internationaux, MoveScape et Redes andinas, travaillent sur une approche méthodologique visant à associer au mouvement différentes conceptions de l’espace vécu par les sociétés et mobilisant des traces matérielles, classiquement non intégrées dans l’étude des flux de circulation.