Résumé
Le Groupe de recherche archéologique de Tournus est une section d'association née en 1968 avec les travaux de l'autoroute A6 en Saône-et-Loire (France), alors que l'on prenait juste conscience des dégâts engendrés par les grands aménagements. Il a ensuite survécu à la professionnalisation de la recherche archéologique avec la création de l'AFAN, puis de l'INRAP en se concentrant sur des opérations de prospection-inventaire ou thématique tout en consentant des efforts particuliers de médiation scientifique, auprès du jeune public notamment. Alors qu'en Saône-et-Loire quatorze associations archéologiques sur vingt-trois ont cessé leurs activités, notamment en raison d'un manque de renouvellement de leurs membres, le GRAT connaît aujourd'hui un nouvel essor. Les données accumulées offrent un terrain d'étude privilégié aux chercheurs de divers horizons, et l'association a tissé au fil des années des liens solides avec les acteurs de l'archéologie préventive. Après avoir retracé les grandes étapes de l'évolution du groupe, cet article présente un bilan des différentes actions participatives menées dans le but de compléter la carte archéologique d'un secteur de 500 km 2 , centré sur Tournus et la vallée de la Saône, principalement grâce à des opérations de prospection conduites depuis 1993. Dans le cadre des autorisations renouvelées chaque année, de nombreuses activités ont pu être pratiquées (prospection pédestre systématique, suivi de travaux, inventaire de collections, participation à des programmes de recherche, etc.). L'implication du GRAT dans la vie culturelle et éducative locale, et le maintien d'un réseau d'informateurs, de prospecteurs et de chercheurs apparaissent comme des facteurs essentiels au développement et à la pérennisation de ces activités, de même que la restitution des résultats au public. Sur ce dernier point, la diffusion des données de localisation des sites est confrontée au risque d'une pratique illégale de l'archéologie, comme en témoigne par exemple l'augmentation depuis plusieurs années du nombre d'utilisateurs de détecteurs de métaux sans autorisation.