Résumé
Cette communication présente les premiers résultats d’une recherche-action qui porte sur le rôle des traces écrites (TE) dans le processus d’enseignement-apprentissage, à travers leur étude en tant qu’organisateurs des pratiques enseignantes (Masselot et Robert, 2007) à l’école primaire. Nous adoptons une double perspective ergonomique et plurididactique (français et sciences) pour comprendre les logiques d’actions des enseignants (Robert et Rogalski, 2002). Il s’agit de chercher les liens entre les types de TE (Chabane & Bucheton, 2000 ; Garcia-Debanc et al, 2009 ; Promonet, 2019) choisis par les enseignants et leurs pratiques de classe. Lors d’une première phase, l’ensemble des TE produites par 4 classes en sciences et en français ont été recueillies d’avril à juillet, puis des entretiens de remises en situation dynamique ont été conduits avec les enseignantes afin de questionner leurs choix. Les résultats montrent que les TE recueillies sont variées, qu’elles relèvent souvent d’emprunts aux ressources utilisées, que la place des traces éphémères est importante et que de nombreuses phases d’oral ne sont associées à aucune trace. Il apparaît qu’en sciences leur nature varie en fonction des étapes de la démarche d’investigation et qu’en français elles sont absentes pour certains domaines. Les entretiens révèlent que ces TE sont choisies au fur et à mesure de la conception des séquences plutôt en fonction de logiques ergonomiques que didactiques (spécificités des savoirs peu évoquées). Ils indiquent également que ces logiques portent plutôt sur les TE en tant que produit (restitution de l’activité) qu’en tant que processus (production de la trace comme support de l’enseignement ou de l’apprentissage). Les TE ne semblent donc pas réellement structurantes des pratiques enseignantes du point de vue du processus d’enseignement apprentissage. Afin de mettre au jour cette dynamique possible une deuxième phase du projet sous forme de recherche collaborative est en cours.