Résumé
Nous ferons ainsi valoir dans cette communication l’intérêt heuristique et pratique de puiser, face à ces enjeux, dans l’histoire récente de la philosophie morale, et plus spécifiquement dans des approches qui ont su, dans ces domaines, articuler finement les enjeux du devenir-sujet et ceux de la communication et de sa place particulière dans les sociétés modernes, et plus encore hyper modernes. D’une part, donc, nous puiserons pour cela aux propositions éthiques d’Habermas (1983/1986, 1991/2013), et d’autre part, à celles de Taylor (1989/1998, 1997). Si l’éducation et la formation ne sont pas leur thème principal, leurs philosophies respectives en traitent néanmoins ci-et-là, et surtout peuvent inspirer de manière fécondes les spécialistes de ces domaines (Palma, 2014 ; Usclat, 2010). De même, s’ils ne sont pas spontanément identifiés comme des théoriciens du numérique ou même de l’éthique du numérique, ils formulent chacun à leur manière de fortes propositions sur le rapport des sujets humains contemporains à la communication, aux techniques, aux choix moraux et aux institutions publiques qui sont de nature à guider tant notre compréhension des enjeux ici soulevés que d’éventuelles propositions plus pratiques en termes de ressources d’action pour les professionnels concernés. Après la période du tout numérique lié à la continuité pédagogique imposée aux enseignants en mars 2020, nous nous sommes intéressés à la manière dont les enseignants vivent aujourd’hui et perçoivent le numérique au quotidien dans leurs pratiques.Plus particulièrement, dans cette présentation et dans la continuité des travaux sur l'efficacité éducative (Zimmerman, 2002), nous interrogeons la façon dont les enseignants se représentent le numérique et ce qu'ils en font. Notre objectif est d’approcher au mieux ces représentations de manière à les intégrer dans une démarche engageante pour une éducation éthique au numérique, du collège à l’Université.Pour cela nous avons mené un questionnaire auprès des enseignants de collège et de lycée sur leur pratique du numérique face et après le confinement, ainsi que leur perception du numérique et du genre. Nous avons reçu 34 réponses qui nous ont permis de comprendre comment le numérique et sa représentation par les enseignants en termes de genre, peut être vu comme un outil de communication éthique.