Résumé
Alors que l’Union européenne, fragilisée et en proie à la crise économique et financière, peine à apporter des réponses cohérentes aux conflits armés qui se déroulent en dehors de ses frontières, certains chercheurs se demandent s’il faut « continuer à étudier l’UE » (Rozenberg, 2015). Au-delà des questionnements arrimés à l’actualité européenne immédiate, cette section propose de prendre distance avec les analyses en terme d’européanisation ou de résistance à l’Europe et de laisser de côté toute démarche évaluative de la supposée efficacité des programmes proposés par l’UE. Elle invite à se pencher sur l’articulation entre les dynamiques communautaires et les espaces politiques nationaux des nouveaux États membres, des pays candidats et ceux du voisinage, pour étudier les logiques sociales qui sous-tendent la mise en œuvre des programmes et financements communautaires.Dans la lignée des études sociologiques de l’Europe (Guiraudon, Favell, 2011 ; Georgakakis, 2012), nous souhaitons interroger l’hypothèse de leurs effets potentiellement structurants. Nous nous focaliserons sur les questions de constitution et de socialisation de groupes d’experts ou de militants et sur les (re)configurations de relations de pouvoir entre les acteurs de l’espace national. Nous nous intéresserons à la manière dont ces acteurs se saisissent de références et de ressources européennes pour légitimer certaines causes, en délégitimer d’autres.