Résumé
Depuis le début du premier millénaire avant notre ère, les contacts étendus avec les navigateurs de la Méditerranée orientale ont conduit à l’introduction de nouveaux aliments d’origine végétale dans la péninsule Ibérique, comme dans d’autres régions d’Europe et d’Afrique. Il s’agissait principalement de différents types de fruits, tels que la vigne, la grenade, entre autres, impliquant de nouvelles compétences techniques et de nouvelles manières de consommer. Les contacts régionaux qui ont suivi ont permis à ces nouvelles cultures de se diffuser progressivement depuis les zones les plus méridionales de la péninsule Ibérique, tandis que des céréales telles que le blé nu (Triticum aestivum/durum) et l’orge vêtue (Hordeum vulgare) restaient les principales cultures de base.Cependant, les données archéobotaniques du nord-ouest ibérique ne montrent pas de preuve claire de l’intégration de la région dans ces dynamiques durant l’âge du Fer. En effet, bien qu’elle ne soit pas complètement en marge des changements survenus à cette époque dans la péninsule, cette région présente plusieurs spécificités en matière de choix culturaux. Le rôle crucial des blés vêtus, comme l’épeautre (Triticum aestivum subsp. spelta), et des mils (Panicum miliaceum et Setaria italica), ainsi que l’absence manifeste de la plupart des fruits nouvellement introduits, sont autant de caractéristiques nécessitant une explication. Il en va de même pour la présence précoce du seigle (Secale cereale) sur plusieurs sites de la région, soit comme adventice, soit comme culture, ce qui fait l’objet d’un nouveau projet actuellement en cours. En outre, la présence de grandes zones de stockage fortifiées, parfois utilisées jusqu’à la conquête romaine, suggère un contexte socialement complexe dans lequel les céréales jouaient un rôle important.Les caractéristiques environnementales de la région – climat froid et humide, relief relativement montagneux – ont été avancées comme la principale cause de ces différences. Cependant, des raisons culturelles sous-jacentes aux choix humains, ainsi que les biais de conservation inhérents aux assemblages carpologiques, ne peuvent être écartés. Les restes archéobotaniques de l’âge du Fer sont le plus souvent conservés sous forme carbonisée, et plusieurs nouvelles cultures arrivées dans la péninsule à cette époque sont généralement sous-représentées dans les contextes où ce type de conservation prévaut.Cette présentation explorera les données archéobotaniques disponibles pour le nord du Portugal et la Galice, en s’appuyant sur les nombreuses recherches menées dans la région au cours des trente dernières années. Nous caractériserons les choix culturaux, explorerons les schémas géographiques et discuterons des résultats en lien avec les informations archéologiques et environnementales pour le nord-ouest ibérique, tout en les comparant à d’autres régions de la péninsule.