Résumé
Durant les deux dernières décennies, la plupart des régions agricoles qui dans le monde ont un climat méditerranéen, ont subi des périodes de sécheresse intense sous l’effet du changement climatique. Ces sécheresses ont contribué à une prise de conscience croissante des risques associés aux changements globaux et notamment aux implications environnementales futures pour toutes ces zones bioclimatiques. Le défi à relever pour s’adapter aux effets du changement climatique est difficile, dans un contexte où la plupart des modèles prédisent des environnements plus chauds et plus secs comme par exemple, dans le sudouest de l’Australie et l’ouest du bassin méditerranéen. Dans le sud-est australien par contre, alors que le montant des précipitations devrait décliner, les étés pourraient être plus pluvieux and les hivers plus secs. En supposant que ces prédictions sont correctes, les pâturages et les parcours de ces régions seront soumis à des stress abiotiques qui, dans l’hypothèse d’aucune modification de gestion, pourraient entraîner des dégradations drastiques de la ressource fourragère. En effet, ces contraintes accrues du milieu pourraient affecter non seulement la productivité animale mais également les nombreux services éco-systémiques rendus par les communautés herbacées comme l’amélioration et la protection des sols contribuant à la durabilité des systèmes de culture, la protection des nappes phréatiques et le maintien de la biodiversité. En Australie, la recherche pour l’adaptation des systèmes fourragers aux futurs scénarios climatiques s’est surtout concentrée sur l’amélioration des modèles de croissance végétale et l’évaluation des sols agricoles pour séquestrer plus de carbone atmosphérique. Autour du bassin méditerranéen, la recherche en matière fourragère se consacre essentiellement aux cultures annuelles, aux céréales et à la luzerne irriguée. Dans les deux régions, il est maintenant urgent de s’orienter vers le développement d’espèces pérennes et de systèmes agro-écologiques plus résilients. Des efforts de sélection sont nécessaires pour identifier des ressources phyto-génétiques parmi les principales espèces pérennes prairiales avec des niveaux élevés de tolérance à la sécheresse et aux fortes températures. Cet article décrit des méthodes pour identifier et mesurer deux des traits les plus importants de ces espèces pérennes herbacées qui sont la tolérance à la déshydratation et la dormance estivale.