Résumé
Un modèle sémiotique de l’identité numérique construit précédemment distingue 3 ensembles de signes : (1) l’identité déclarative, (2) l’identité agissante et (2) l’identité calculée. Ce modèle est utilisé pour conduire une analyse quantitative appliquée de l’emprise culturelle du web 2.0 sur la représentation de l’identité à travers l’étude comparative de deux logiciels de réseaux sociaux, Facebook et Myspace. Contrairement au premier web, le web social rend possible l’identification personnelle d’un utilisateur sans qu’il ait à déclarer des éléments qui le décrivent ; l’analyse comparée ici présentée poursuit cette première recherche en précisant les procédés de ce nouveau paradigme identitaire et met en évidence des idéologies identitaires différentes, l’une normative parsouci de socialisation, l’autre égocentrée par souci d’expression de soi. L’identité calculée incite les utilisateurs à établir des comparaisons entre eux et à nourrir leur représentation, mais il ne s’agit pas pour autant de jouer à accroître démesurément un critère comme le nombre d’amis pour jouer le jeu social attendu dans Facebook : les graphes nœud-lien montrent que le réseau s’entretient par le partage. Partager des photographies, participer à des groupes communs fait partie des échanges sociaux réguliers qui annoncent l’émergence d’un nouveau langage intersubjectif.