Résumé
Les situations de la Polynésie Française et la Guyane française sont très différentes alors même que, sur le plan de l’éducation, les programmes en vigueur sont quasiment identiques, ceux du territoire national, et que les politiques éducatives territoriales prônent l’adaptation des enseignements aux contextes socio-culturels et linguistiques pour réduire l’échec scolaire. Dès lors, nous avons cherché à déterminer dans quelle mesure les éléments contextuels étaient pris en compte dans les pratiques enseignantes en séance de géométrie au cycle 3 de l’école primaire. L’interactionnisme social et culturel (Vygotski, 1985), le Pedagogical Content Knowledge (PCK) (Shulman, 1986/1987, 2005) et l’analyse didactique contextuelle (Delcroix, Forissier, & Anciaux, 2013) nous offrent un cadre d’analyse complémentaire. Nous avons mené six observations de classe, des entretiens semi-directifs et un questionnaire sur chacun des territoires. L’analyse des données montre qu’en géométrie, la contextualisation s’opère essentiellement en référence à la salle de classe et les artefacts et gestes permettent de prolonger les échanges, d’éviter les ruptures communicationnelles et participent au travail collaboratif. Par ailleurs, les enseignants expriment le caractère indispensable de la prise en compte de l’environnement des élèves pour enseigner. Cependant, la contextualisation en mathématiques relève majoritairement d’un habillage « tropicalé » alors qu’en géométrie plus spécifiquement, elle est de degré plus fort. Enfin, la contextualisation liée aux langues régionales est peu présente. Il serait pertinent de développer des ressources mobilisant contexte et mathématiques et de développer des projets de recherche afin de mesurer les effets de la contextualisation des enseignements sur les apprentissages.