Résumé
Ma thèse examine les dimensions intellectuelles et politiques des débuts de carrière de l’ethnomusicologue américain Alan Lomax (1915-2002), en accordant une attention particulière à sa conception du « common man » (Folk Song: USA, 1947), à la fois figure culturelle et politique. Entre 1933 et 1949, le travail de Lomax en tant que folkloriste, collecteur et animateur radiophonique fut profondément lié aux idéaux progressistes du Popular Front, du New Deal et de la lutte plus large contre le fascisme aux États-Unis. À travers ses enregistrements de terrain, ses écrits, sa correspondance et ses programmes radiophoniques, Lomax chercha à documenter et à mettre en valeur la musique de ce qu’il appelait une « majorité inaudible » - les communautés rurales et ouvrières qu’il considérait comme l’incarnation d'une voix authentique de l’Amérique. En m’appuyant sur un cadre interdisciplinaire combinant les cultural studies, les folklore studies et l’ethnomusicologie, les African American studies, les popular music studies et l’histoire sociale, je cherche à éclairer la relation complexe entre la collecte musicale et l’engagement politique dans l’Amérique du milieu du XXᵉ siècle. En explorant la manière dont la représentation des traditions populaires par Lomax reflétait et nourrissait une vision progressiste de l’identité nationale, ma thèse met en lumière les façons dont travail culturel et engagement politique se sont entremêlés dans la construction et la négociation d’une nouvelle forme d’américanité dans les années 1930 et 1940.