Résumé
Selon le FFI (Family Firm Institue, 2015), les entreprises familiales (EF) représentent les deux tiers du nombre total des entreprises au niveau mondial et génèrent chaque année plus de 70% du PIB mondial. Elles occupent donc une place prépondérante dans l’activité économique des pays (Fletcher, 2002 ; Griffeth et al., 2006). Face à la prise de conscience du poids des EF un champ de recherche dans les grandes conférences internationales et dans les meilleures revues de gestion est apparu (Wright et Kellermanns, 2011). Parmi les thèmes abordés par ces recherches, celles consacrées à l’éthique et la responsabilité sociale sont de plus en plus importantes depuis les années 2000 (Debicki, Matherne, Kellermanns et Chrisman, 2011 in Coville, 2014) et se focalisent notamment autour du lien entre l'éthique- ou la RSE- et l'EF. Alors que le débat sur le lien entre RSE et EF n'est pas tranché (Coville,2014) la littérature s'accorde davantage sur le fait que les EF comportent des spécificités liées à la nature des liens familiaux et aux valeurs véhiculées (confiance, cohésion…), à leurs objectifs de pérennité, à leur ancrage local... Ces valeurs se retrouvent-elles dans les discours des EF ? Existe-t-il des formes caractéristiques du discours managérial des EF en matière de RSE ? Ce discours est-il différent des entreprises non familiales (ENF) ? Ce discours a t-il évolué dans le temps sous l'effet d'une certaine « normalisation (-institutionnalisation) » de la RSE ?