Résumé
Cette communication présente les résultats de plusieurs enquêtes, réalisée sur le terrain du programme Miseeva et portant sur la perception du risque de submersion marine par les résidents, les usagers et les gestionnaires en 2009 et 2010. Au total 881 personnes ont été interrogées à leur domicile (résidents principaux et secondaires) ou sur les plages (touristes et excursionnistes) ainsi que 36 acteurs gestionnaires, professionnels et associatifs concernés par la montée du niveau de la mer. Les représentations du risque constituent une composante clé de la vulnérabilité globale et permettent d'approcher les capacités d'adaptation des populations. En ce qui concerne les résidents, le risque de submersion s'avère relativement peu redouté par les enquêtés lors des questions portant sur les risques de la vie en général. Ils montrent d'ailleurs une grande confiance dans leur avenir résidentiel et un fort attachement à leur lieu de vie, surtout pour les résidents secondaires. Si les enquêtés se sentent peu exposés personnellement, ils apparaissent plus pessimistes lorsque les temporalités et les dommages envisageables de l'élévation du niveau de la mer sont évoqués. Les résultats de cette enquête résident ont permis de bâtir des indicateurs de perception du risque qui ont pour objet de renseigner sur leur capacité d'adaptation. L'analyse des capacités d'adaptation collective suppose d'étudier pour l'ensemble des résidents et usagers, quels sont les enjeux qu'ils souhaitent protéger en priorité, comment et quand intervenir. Le sentiment d'urgence (besoins d'intervenir dans les 10 ans) est plus marqué pour les non résidents tandis que les résidents secondaires pensent plus souvent que le risque n'est pas prouvé. Au niveau des méthodes on note une partition assez équilibrée entre méthodes dures et souples, avec une progression de l'acceptation sociale du recul (22% en moyenne contre 15% lors des enquêtes sur la gestion de l'érosion), surtout pour les excursionnistes. Enfin concernant les enjeux on note un attachement fort aux équipements collectifs (hôpitaux, écoles ...) sauf pour partie par les résidents secondaires et les acteurs, une sensibilité accrue des excursionnistes et des touristes à la protection de la nature et un faible attachement aux maisons individuelles par l'ensemble des catégories d'usager ainsi que dans une moindre mesure aux infrastructures touristiques. Chez les acteurs le recul est perçu comme la solution la plus réaliste mais difficile à mettre en œuvre, hormis si le renforcement de la violence des tempêtes sensibilise la population. 70% des acteurs pensent que les financements des mesures de protection doivent être publics. Une chronique rétrospective des documents cadres, des études et autre documents produit à l'échelle régionale et nationale entre 2003et 2011 témoigne de l'importance de la question de l'érosion et de la submersion qui laisse augurer d'une capacité d'adaptation institutionnelle importante à l'échelle de la Région Languedoc-Roussillon.