Résumé
Le concept de performance globale qui traduit la volonté d'intégrer au sein d'un même modèle, des mesures financières, sociales et environnementales est vivement questionné du fait du flou sur lequel repose cette notion qui se révèle notamment lorsque l'on tente de la rendre opérationnelle. La littérature sur la gestion des paradoxes offre une grille d'analyse particulièrement riche des limites du concept de performance globale en mettant en évidence son refus du caractère paradoxal de la RSE et ses vaines tentatives de le résoudre en cherchant à faire disparaître les tensions contradictoires au sein d'un concept global aux contours flous. A travers la notion de gestion des paradoxes, on peut au contraire envisager des modalités de prise en compte simultanée des paradoxes inhérents à la RSE qui, au lieu de nier ou de tenter de masquer les tensions contradictoires par des pratiques de découplage, en font un levier d'apprentissage et de pilotage interactif. Cette communication propose ainsi une typologie des modes de gestion dynamiques des paradoxes intégrant des stratégies de dissociation proactive et de synthèse dynamique, qui suggèrent des pistes d'amélioration de la gestion des paradoxes de la RSE par les entreprises. Ces propositions conduisent par ailleurs à redéfinir le concept de performance globale.