Résumé
La typographie qui joue un rôle essentiel dans la perception, la compréhension et l’impact des messages, peut désormais intégrer des enjeux écologiques, inclusifs et sociétaux. Les typographies responsables regroupent ainsi des polices éco-conçues, inclusives ou engagées, permettant de réduire l’empreinte environnementale, d’améliorer l’accessibilité du lecteur ou de soutenir une cause. Pourtant, leur adoption reste très limitée et les conditions favorisant ou empêchant le choix de ce type de typographie n’ont pas été étudiées sur le plan académique L’objectif de cette recherche est de définir, pour la première fois, la typographie responsable etde comprendre les motivations, mais surtout les freins à son adoption à l’aide de cadresconceptuels tels que le modèle de diffusion de l'innovation de Rogers (2003), la résistance au changement ou les « dragons de l’inaction ». Ainsi, une étude qualitative a été menée auprès de 18 professionnels, montrant un manque massif de connaissances, un faible bénéfice perçu, la force des chartes graphiques existantes et une intense résistance au changement. Les risques anticipés (perte de lisibilité, réactions du public, contraintes client) renforcent ces freins. Parmi les cadres théoriques mobilisés, les « dragons de l’inaction » de Gifford (2011) apparaissent les plus pertinents pour comprendre cette inertie et en déduire des actions pour inciter à l’adoption d’une telle typographie.