Résumé
Nous vivons une époque nostalgique où la mort occupe le devant de la scène. La reproductibilité technique garantie par les moyens expressifs a créé un stock des souvenirs et objets affectifs hérités des époques successives.
Les mass médias sont tout-à-fait les créateurs de vrais cadavres vivants. Selon les mots de Roland Barthes, ils donnent à voir « l'image vivante d'une chose morte » (Barthes 2003, p.80). Par conséquence dans la société du spectacle, la perception même des morts et de la mort change. Les morts reviennent à la vie grâce aux images. La sémiurgie (prolifération d'images) qui caractérise la société postmoderne du spectacle, transforme les nouvelles technologies des réseaux dans le cimetière de la contemporanéité.
Comme l'a expliqué Vincenzo Susca dans son livre Joie Tragique (2010), blogs, réseaux sociaux, pages commémoratives, se nourrissent de cette mémoire masse-médiatique. La mort de Dieu souhaitée par Nietzsche, ne laisse pas déchoir le culte, mais trouve des nouvelles formes néopaïennes de narration et spectacularisation des nouveaux dieux. L'industrie de la musique devient l'atelier à partir duquel se produit la nouvelle croyance religieuse. Les stars de la musique, lointains, inaccessibles, auratiques, deviennent la cible de voeux de dévotion.