Résumé
L’économie guinéenne est étroitement tributaire du secteur minier : en 2018, les produits miniers représentaient 90 % des exportations totales de la Guinée et 22 % de son PIB (2021, Rapport du FMI n°21/147). L’exploitation minière se partage entre des formes industrielles, qui remontent pour certaines au temps colonial, et des formes artisanales pluriséculaires, en particulier pour l’or dans la zone historique du Bouré. Cette communication à vocation pluridisciplinaire propose de mettre au jour les évolutions socio-techniques récentes de cette dernière forme d’exploitation, ses reconfigurations spatiales, ainsi que ses impacts environnementaux.La région de la Haute Guinée, au nord-est du pays concentre l’essentiel du potentiel aurifère guinéen. Trois entreprises y exploitent l’or de manière industrielle : la SAG (AngloGold) et la SMD (NordGold) et la SMM (Managem). Parallèlement, plusieurs centaines de sites artisanaux et de petite échelle existent dans cette région. Ces sites connaissent une organisation socio-spatiale spécifique, puisqu’ils reposent sur une temporalité éphémère et sont sans cesse reconfigurés au gré des mobilités des orpailleurs. Ces mobilités, historiquement saisonnières (en saison sèche principalement) connaissent depuis le boom de l’or des années 2000 des transformations majeures en raison, entre autres, de la mécanisation des techniques. L’usage de plus en plus généralisé de concasseurs, de détecteurs et autres appareillages, tend ainsi à reconfigurer les manières de pratiquer les espaces et à transformer la morphologie même des sites. Ces récentes mutations socio-techniques et spatiales seront discutées dans un premier temps. Dans un second temps, il s’agira de mettre au jour de premiers résultats sur les impacts environnementaux de cette activité, peu étudiés dans cette région. Pourtant, l’activité artisanale et à petite échelle de l’or entraîne des effets notoires et visibles, en particulier en termes de déforestation et de risques de pollution des sols et des eaux. Ces deux axes s’appuieront sur la mobilisation conjuguée d’images satellites et de données de terrain qualitatives de première main qui permettront de donner une analyse diachronique de ces différentes évolutions.L’objectif de cette communication est donc de donner de premières analyses sur les impacts environnementaux et sociaux de l’orpaillage afin de proposer de premières pistes de réflexions sur le développement d’une stratégie partagée par les acteurs pour le développement durable de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle en Guinée.