Résumé
Chez les arthropodes/invertébrés, jusqu'à présent, quatre familles de protéines ont été identifiées comme des sous-unités auxiliaires des récepteurs ionotropiques au glutamate (iGluR). Ces familles comprennent les TARPs, parmi lesquels on trouve la protéine de type stargazing (Stg1), la famille des cornichons, la famille des neto, et enfin la famille des protéines sol. Le nombre et la diversité de ces sous-unités auxiliaires varient d'une espèce à l'autre chez les arthropodes. Par exemple, le génome de l'abeille (Apis mellifera) contient 5 gènes codant pour des sous-unités auxiliaires des iGluR : 2 TARPs, 1 Cornichon, 1 Sol1 et 1 protéine Neto, tandis que le génome de la drosophile (Drosophila melanogaster) comprend également 5 gènes, mais code pour 2 protéines Cornichon, 1 protéine Neto (avec deux variants d'épissage α et β), 1 Tarp (de type stargazing) et 1 Sol1. Ces protéines, récemment clonées, ont facilité l'expression hétérologue d'iGluRs d'invertébré et ont permis de montrer que ces canaux présentent des spécificités ou des différences importantes avec ceux des vertébrés malgré leur homologie de séquences. Nous avons clonés et caractériser les sous-unités auxiliaires des récepteurs au glutamate Sol-1, neto et Stg-1 ainsi que l'orthologue abeille du récepteur AMPA. La caractérisation des récepteurs AMPA d'abeille exprimés dans l'ovocyte de Xénope confirme des propriétés pharmacologiques et biophysiques spécifiques des invertébrés par rapport à ce qui est connu pour les AMPA recepteurs de vertébrés. De plus nous montrons que la sous-unité auxiliaire Sol-1 induit un mode de gating spécifique avec une accélération des cinétiques d'activation et de désensibilisation.