Résumé
Le Sahel est une région semi-aride où la majorité de la population dépend de l’agriculture vivrière. Cetterégion est considérée comme un « hotspot » du changement climatique avec un réchauffement attendu de 3à 4°C d’ici 2100. En effet, les projections climatiques montrent que les périodes de sécheresse devraients’allonger et que les précipitations extrêmes seraient plus fréquentes, ce qui impactera en retour lesressources hydrologiques et végétales. Cette étude vise à évaluer les impacts de ces changements sur unécosystème agro-pastoral sahélien typique, dominé par les cultures de mil et la savane arbustive, dans le sudouestdu Niger. Pour cela, des scénarios climatiques sont construits à partir d’un ensemble d’observationsclimatiques locales et de projections climatiques extraits de modèles globaux (CMIP6) sur la régionsahélienne. Ces scénarios sont ensuite utilisés comme forçage climatique pour un modèle de type SVAT(transfert sol-végétation-atmosphère). Le modèle utilisé est le modèle SiSPAT qui fait référence au Sahel sursa capacité à simuler les flux d’eau et d’énergie à la surface. Les résultats témoignent : i) de la grandesensibilité des bilans énergétiques et hydriques aux changements de température et d’ humidité ; ii) lacompensation partielle qui existe entre les effets du changement de la température et de l’humidité surl’évapotranspiration. En effet, une augmentation de la température durant la saison des pluies entraîne unehausse de l’évapotranspiration, contrairement à l’augmentation de l’humidité. Par ailleurs, le bilan d’eau estprincipalement influencé par la modification du régime des précipitations, notamment le ruissellement quirépond très fortement à l’intensification des précipitations, augmentant le risque d’inondation. Enfin, il estmontré que l’intensification des pluies augmente également le drainage et stockage de l’eau dans le sol, cequi pourrait induire dans le futur un cycle de végétation plus long. Cet effet sera étudié prochainement enutilisant une modélisation écohydrologique qui simule les développements saisonnier de la végétation. Il estégalement envisagé de développer des scénarios d’évolution des pratiques anthropiques afin d’évaluerd’éventuelles stratégies adaptées pour la gestion future de l’eau et des cultures.