Résumé
En verger biologique, pour lequel le recours à la lutte directe contre les ravageurs est limité, les possibilités de manipulation de l'habitat des ravageurs et des auxiliaires (l'arbre fruitier et l'environnement végétal du verger) ont été explorées à partir d'expérimentations pluriannuelles en verger de pommiers biologiques et de poiriers. La conduite architecturale du pommier a un impact sur le développement de ses principaux ravageurs. Une étude comparant deux systèmes de conduite a montré un effet globalement freinant (pucerons, acariens) ou parfois (carpocapse) d'un système de conduite nouvellement mis au point et validé pour son intérêt agronomique, la conduite centrifuge, par rapport à la conduite classique en Solaxe. L'étude d'une formation arbustive expérimentale (haie de bordure) conçue pour optimiser la protection du verger de poiriers a par ailleurs permis de valider les principes de base d'une introduction raisonnée de diversité végétale dans l'environnement du verger : existence d'une succession de ressources pour les auxiliaires actifs sur le(s) ravageur(s)-clé(s) de la culture, innocuité pour les cultures (absence de ravageurs ou maladies communs avec les cultures). Ces travaux et d'autres études suggèrent que la manipulation de l'environnement végétal du verger modifie l'entomocénose. En revanche, le bénéfice potentiel en verger se limite au contrôle des ravageurs tolérés à des niveaux de pollution élevés.