Résumé
Le projet de recalibration du Vistre en 2013 a permis la réalisation d’un diagnostic archéologique de part et d’autre du fleuve, sur une longueur de 4 km, à proximité de Nîmes (Gard, Occitanie). Cette opération a été l’occasion d’une recherche pluridisciplinaire destinée à étudier les relations entre les occupations humaines et le fonctionnement du cours d’eau durant les sept derniers millénaires, au plus près du lit de ce fleuve méditerranéen.Sur les 29 hectares diagnostiqués, les sondages archéologiques ont mis en évidence tout au long du tracé, et sur les deux rives du cours d’eau, sept occupations comprises entre le Néolithique moyen 1 et l’âge du Fer. L’évolution du bassin proximal a été renseignée par l’étude géomorphologique de sondages profonds, associée aux données archéobotaniques et malacologiques, tandis qu’une recherche historique et cartographique a complété les connaissances de l’artificialisation du fleuve et de son exploitation, pour les périodes médiévales à contemporaines. En fonction des caractéristiques de chaque période et des besoins variés des groupes identifiés, les populations se sont installées ou ont exploité les différentes potentialités qu’offre la proximité d’un cours d’eau à méandres en évolution : zones humides, berges, anciens bras… Corrélativement, elles ont eu un impact direct ou indirect, volontaire ou non, sur le fonctionnement de ces milieux.Cette étude pluridisciplinaire a initié un changement de regard sur les dynamiques de populations de la plaine alluviale proximale, alors que cette zone géographique avait été jusqu’ici relativement peu investie par l’archéologie. Le diagnostic archéologique replace donc le fleuve au cœur de ces occupations, l’aménagement qui l’a suscité l’inscrit, quant à lui, dans la politique environnementale actuelle.