Résumé
Cette contribution se propose de discuter de la place du corps dans les temps de lecture offerte à des élèves d’école primaire. Alors que les travaux actuels sur la corporéité du langage continuent de rappeler en quoi le corps est une ressource pédagogique à part entière, indissociable de la lecture à voix haute, l’étude menée auprès d’enseignants stagiaires du premier degré montre principalement que les gestes et le corps de l’adulte, dans son ensemble, demeurent des impensés de l’activité. À partir de corpus vidéo récoltés lors d’atelier dédiés à cette question, nous montrons que, parce que la lecture reste ancrée dans une logique verbo-centrée, le corps du lecteur fait spontanément plus office de « corps-pupitre » que de ressource pensée dans une visée pédagogique. Nous mettrons à l’évidence comment celui-ci peut, à l’inverse, véritablement participer au travail d’accès au sens(ible) en facilitant la compréhension et la création d’un univers littéraire en partage.