Résumé
Les Sclerorhynchoides mésozoïques sont un groupe de raies bouclées emblématiques des dépôts crétacés en raison de leur ressemblance morphologique avec les poissons-scies modernes, caractérisée par leur rostre dentelé. Ayant disparu à la limite K/Pg, ce groupe aux affinités phylogénétiques encore énigmatiques demeure tout aussi mystérieux d'un point de vue écologique. En effet, leurs restes fossiles (squelettes, dents et denticules dermiques du rostre) sont régulièrement retrouvés dans des dépôts strictement marins, mais aussi en milieux saumâtres voir dulçaquicoles, rendant jusqu'à présent impossible de déterminer précisément si l'écologie de ces poissons-scies du Crétacé (Sclerorhynchoidei) était aussi amphidrome que celle des poissons-scies modernes (Pristidae), compte tenu de la grande diversité de ce groupe au Mésozoïque. Plusieurs dépôts du Maastrichtien du plateau andin (Pérou-Bolivie) ont livré des dents et de denticules rostraux appartenant à ce groupe énigmatique. Ayant évolué dans une mer épicontinentale probablement très cloisonnée (absence de requins), l'étude de leur répartition/diversité tout au long du Maastrichtien, ainsi que la contribution des rapport élémentaire (e.g. Sr/Ca) contenus dans l'émailloïde, permet une première approche de la paléobiologie/paléoécologie de certains de ces poissons-scies du Crétacé terminal et met en évidence une forte tolérance aux variations de salinité.