Résumé
Les élections intermédiaires françaises ayant eu lieu depuis 2012 ont permis à de nombreux élus frontistes d’entrer dans les instances politiques locales. Au niveau le plus local, les conseils municipaux, autrefois considérés comme étant en voie de dépolitisation ont ainsi été confronté à de nouveaux acteurs « sur-politisés ». A une opposition modérée basée sur une critique pondérée de la gestion des villes conduite par les élus des partis « traditionnels » a succédé une opposition de ces nouveaux élus du front national basée sur une volonté de blocage et de visibilité locale induite par une opposition systématique.Notre étude est basée sur des entretiens avec des élus et sur les séances de conseil municipal de deux villes situées pour l’une dans le Pas-de-Calais : Grenay, et pour l’autre dans les Bouches-du-Rhône : Istres. Ces deux villes ont vu des candidats FN être élus en 2014. Ayant des expériences et des carrières politiques différentes, les chefs de file de ces élus ont néanmoins une stratégie similaire qui dénote d’une volonté de re-politiser ces instances politiques. Il s’agit pour eux d’utiliser tout le temps de parole disponible lors des conseils municipaux pour exposer leurs idées politiques. A cela s’ajoute une volonté de ralentir le plus possible des différents textes discutés dans ces assemblées. Enfin, afin de déstabiliser les membres de la mairie les élus frontistes essaient régulièrement de créer des polémiques à partir de supposés scandales.