Résumé
Les longs ARN non codants (lncRNAs) sont considérés comme une nouvelle catégorie de facteurs régulateurs de l’expression génique, impliqués dans de nombreux processus biologiques cruciaux. Ces molécules sont définies comme des ARNs d’une taille supérieure à 200 nucléotides, dépourvus de la capacité à coder pour des protéines, et caractérisés par une haute spécificité cellulaire d’expression. Ils sont en outre peu conservés entre espèces. Si les lncRNAs de mammifères font l’objet de recherches approfondies du fait de leur implication dans de nombreuses pathologies humaines, leur importance potentielle dans les interactions insectes-pathogènes reste encore très peu abordée. Nous avons développé une approche de séquençage à haut débit pour identifier le répertoire de lncRNAs différentiellement exprimés (DE) lors d’une infection virale des chenilles de la légionnaire d’automne, Spodoptera frugiperda. Nous avons évalué l’influence de deux paramètres sur le l’expression des lncRNAs : la spécificité tissulaire (hémocytes vs corps gras) et la spécificité de la réponse à un type de virus (polydnavirus vs densovirus). Nous avons ainsi identifiés 4273 transcrits non codant, correspondant à 3186 loci, exprimés dans les hémocytes et corps gras. Nous avons également montré que les 2 pathogènes viraux induisent la régulation de plusieurs lncRNAs dont certains sont spécifiques d’un seul virus et/ou d’un seul tissu. Ces résultats suggèrent que les lncRNAs pourraient représenter des régulateurs essentiels de l’infection virale chez S. frugiperda.