Résumé
Les fructanes, polymères solubles de fructose, ne représentent pas seulement une réserve carbonée mais participent aussi à la résistance des plantes vis-à-vis de contraintes telles que la sécheresse. Cette étude, menée sur des espèces prairiales plus ou moins résistantes à la sécheresse, teste l’hypothèse selon laquelle les fructanes contribuent à cette résistance en protégeant les structures membranaires des méristèmes foliaires et du système racinaire, lors de la déshydratation. Six espèces prairiales natives de prairies de moyenne montagne ([i]Taraxacum officinale[/i], [i]Dactylis glomerata[/i], [i]Trisetum flavescens[/i], [i]Poa pratensis[/i], [i]Festuca arundinacea[/i], [i]Poa trivialis[/i]) et un cultivar méditerranéen ([i]Dactylis glomerata[/i] cv Medly) ont été cultivés en conditions semi-contrôlées en monoculture avant d’être soumis à une période de sécheresse pendant 50 jours. Chez les espèces les plus résistantes, les teneurs en saccharose et en fructanes sont peu affectées, voire augmentent, tandis que chez les espèces les plus sensibles, les teneurs en saccharose augmentent et celles des fructanes diminuent. En considérant l’ensemble des populations, la stabilité membranaire des méristèmes foliaires et des racines est corrélée positivement avec la teneur en fructanes. Ce résultat corrobore pour la première fois [i]in vivo[/i] le rôle protecteur des fructanes vis-à-vis des membranes. Cette contribution au maintien de l’intégrité membranaire est cruciale pour la survie des plantes sous sécheresse intense.