Résumé
Les écosystèmes aquatiques urbains subissent divers stress anthropiques et abritent des communautés vulnérables. La lumière artificielle nocturne (ALAN) est omniprésente dans ces milieux(1,2). Toutes les caractéristiques de la lumière, en particulier la photopériode, influencent la biologie et la physiologie des espèces animales, y compris les poissons. L’impact de l’ALAN sur le comportement des poissons reste toutefois peu étudié(3). Cette étude porte sur l’impact de l’ALAN sur le mulet porc (Chelon ramada, Mugilidae), un poisson commun des eaux saumâtres des zones urbaines(4). Ce poisson, rare représentant du maillon herbivore/détritivore de la faune ichtyologique, joue un rôle crucial en tant que vecteur d'énergie entre les compartiments benthique et pélagique des réseaux trophiques aquatiques(5). Une approche expérimentale en conditions contrôlées a été mise en œuvre pour comprendre les effets d'une altération de la photopériode sur le comportement et le stress des mulets. Pendant trois périodes de 72 heures, trois groupes indépendants de 15 poissons ont été exposés à des modalités d'éclairage nocturne contrastées : une photopériode naturelle (alternance jour/nuit avec transition graduelle) et deux photopériodes perturbées par l'ALAN en milieu urbain (éclairage constant jour et nuit, en orientation directe ou indirecte). Le comportement des poissons a été analysé par imagerie vidéo et les concentrations de cortisol dans l'eau et dans le sang des poissons ont été mesurées en fin d'exposition. Les premiers résultats montrent que les différentes modalités de photopériode affectent le comportement de nage (distance totale parcourue, cohésion du groupe), tandis que les réponses physiologiques au stress (cortisol) n’ont pas varié entre les traitements.