Résumé
Nous présentons une étude conduite par un groupe d’enseignants-chercheurs des INSPE de Montpellier et de Toulouse dans le cadre d’une recherche financée par l’INSPE de Montpellier. Elle porte sur les interactions entre des enseignants et des binômes d’élèves de leur classe en lien avec celles entre les élèves dans le cadre des enseignements dits de travaux pratiques en classe de physique. Selon de nombreux travaux, la modalité de travail en petits groupes présente des effets bénéfiques du point de vue des aspects cognitifs, métacognitifs, émotionnels, motivationnels et sociaux. Toutefois, le rôle de l’enseignant y est peu questionné. Notre objet est de comprendre, dans le cadre d’une approche ascendante, les effets différentiateurs de cette modalité de travail d’un binôme à l’autre, du point de vue de l’avancée dans la construction des savoirs à l’étude et des apprentissages potentiels, ainsi que de la prise en charge de ces effets par l’enseignant au cours de ses interventions, nous plaçant ainsi sous les trois hypothèses suivantes : - La modalité de travail en groupe produit nécessairement des trajectoires différentes d’un binôme à l’autre du point de vue de l’avancée des savoirs ;- Chaque fois qu’il intervient auprès d’un groupe, l’enseignant s’adapte à l’activité spécifique du groupe et à son avancée dans la construction des savoirs en jeu ;- L’enseignant prend en charge l’alternance de phases de travail en groupe (lors desquelles les effets de différenciations entre groupes et entre élèves sont sensibles), et des phases de mise en commun, censées reprendre les éléments de savoir construits au sein de chacun des groupes pour construire un savoir raisonnablement partagé par la classe.Les résultats de notre étude sur deux classes différentes mettent en évidence au premier ordre que si les dynamiques de construction de savoir sont bien différentes d’un binôme à l’autre au sein d’une même classe, les interventions des enseignants prennent assez peu la mesure de ces différences que ce soit au niveau des interventions au sein des binômes qu’au moment des transitions entre les phases de travail en groupes et les mises en commun.