Résumé
Cette proposition s’attache à mettre à l’épreuve la valeur heuristique du concept de population, tel qu’élaboré par le cours de Michel Foucault au Collège de France en 1977-1978, pour éclairer la gestion contemporaine et tout particulièrement les translocations de populations végétales méditerranéennes à des fins de conservation. Partant d’une tension à l’intérieur du texte de Foucault, entre la population comme corrélatif d’un pouvoir, par opposition au concept plus ancien de « peuple », et la population comme opérateur de scientifisation entre histoire naturelle et biologie, nous interrogeons le sens de l’usage précis de ce concept dans les pratiques de conservation contemporaine. Si les analyses foucaldiennes qualifiant un type de gouvernementalité fondé sur la population permettent indéniablement d’interpréter certaines dimensions de ces pratiques, par d’autres aspects ces pratiques y résistent et leur examen peut à l’inverse contribuer à rectifier, ou affiner, le concept d’origine.