Résumé
Le Cid de Corneille est paru en anglais en 1638, l’année suivant sa publication en français qui avait suivi de peu sa première apparition scénique. L’auteur de la traduction en blank verse, Joseph Rutter, était un poète mineur, auteur de pastorales et proche du milieu de la reine Henriette-Marie, fille d’Henri IV. Dans le contexte du règne personnel de Charles Ier, trois ans avant la convocation des deux parlements de 1640, quel était le sens d’une traduction qui, comme la pastorale, ne pourrait que soulever l’ire des opposants « puritains » au roi et à sa cour ? Quels messages politiques, culturels et confessionnels une telle traduction voulue pour la scène pouvait-elle véhiculer à l’intention des élites courtisane, politique et oppositionnelle ? Et pourquoi traduire la suite du Cid, de la plume d’un autre auteur français, en 1640 ? Telles sont les énigmes qu’on tentera d’élucider dans cet article.